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Rubrique : En pratique

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Dans cette page, je vais vous donner les informations qui vous permettront de diagnostiquer, et peut-être de dépanner un groupe frigorifique utilisant un compresseur Danfoss BD35F ou BD50F. Pourquoi le compresseur Danfoss ? Parce que c’est le plus répandu ! C’est normal, ce petit compresseur est une vraie merveille de technologie, encore plus performant que son prédécesseur le célèbre modèle BD2.5 …

Danfoss BD35F ou BD50F

Carte d’identité : ce compresseur est bitension, avec détection automatique de la tension d’alimentation, 12 ou 24 volts. Il est même protégé contre les inversions de polarité.

La vitesse du moteur peut être programmée entre 2000 et 3500 tours / minute, ce qui permet de choisir la puissance du compresseur. A 3500 t/m, le BD50F est deux fois plus puissant que le BD2.5F.

La tension de coupure, qui était de 10.5 volts avec 11.5 volts pour la remise en route pour le modèle BD2.5 12 volts, et de 21 volts pour la coupure, et 23 volts pour la remise en route du modèle 24 volts, s’avère complètement différente pour la nouvelle génération BD35F/BD50F.

En utilisation 12 volts, le réglage d’usine coupe le compresseur à 10.4 volts, et autorise la remise en route à 11.7 volts. En utilisation 24 volts : PIEGE ! la coupure réglée d’usine est de 22.8 volts, avec une remise en route à 24.2 volts !

Les installations 24 volts se trouvent généralement sur les bateaux de plus de quinze mètres, couramment équipés au minimum d’un réfrigérateur et d’un conservateur.

La coupure par tension trop basse

Imaginons un de ces bateaux équipés en 24 volts, où l’installateur n’a pas lu la notice Danfoss.

Il est tard, toutes les lumières sont allumées, avec la télé en marche, et le téléphone par satellite en stand-by. La tension des batteries est à 24.1 volts. Normal. Un des passagers va faire un tour là où le Roi va à pied, appuie sur le bouton de rinçage de la cuvette, ce qui consomme 30 ampères durant dix secondes, provoquant une brève chute de tension de la batterie à 22.5 volts, sans que personne ne s’en aperçoive. L’unité électronique Danfoss, bête et disciplinée, se met en sécurité, et n’autorisera le compresseur à se remettre en route qu’à condition que la batterie lui fournisse une tension supérieure à 24.2 volts. Ce qui suppose la mise en marche d’une source d’énergie, groupe électrogène ou moteur de propulsion. A 23:00 heures, ce n’est pas drôle … J’ai connu quelques clients au bord de la dépression nerveuse, constatant le dégivrage systématique du frigo et du conservateur chaque matin, à moins de faire tourner huit heures par jour le groupe électrogène !

Retour à la notice Danfoss : la tension de coupure peut être modifiée. Dans le cas d’une installation 24 volts, il suffit de shunter la borne "C" avec la borne "P" de l’unité électronique, pour reprogrammer la tension de coupure à 21.3 volts, avec remise en route à 22.7 volts. Fin du problème !

Aspects techniques :

La fiche technique d’origine est visible ici : BD50F

L’unité électronique de ces compresseurs permet de brancher une LED entre la borne "+" et la borne "D", ce qui va générer des codes très instructifs.

Ces codes sont visibles par des séquences de clignotements de la LED toutes les quatre secondes, dont voici les significations :

  • un clignotement : tension batterie trop basse.
  • deux clignotements : sur intensité ventilateur > 0,5 ampère en marche, ou 1 ampère au démarrage.
  • trois clignotements : rotor bloqué, cause probable, la pression n’a pas eu le temps de s’égaliser, >5 bars, (>73PSI). Cela arrive souvent avec les thermostats +30/-30°C.
  • quatre clignotements : surcharge moteur, vitesse < à 1800 t/m.
  • cinq clignotements : surchauffe de l’unité électronique.

Normalement, ces codes s’annulent d’eux-mêmes, dès que les conditions reviennent à la normale.

N’essayez pas de faire fonctionner le compresseur directement en courant continu. Ce compresseur utilise un moteur alternatif triphasé, et l’unité électronique est essentiellement un convertisseur qui transforme le courant continu de la batterie en courant alternatif triphasé.

Le code d’erreur le plus fréquent est celui d’un clignotement, qui indique une tension trop basse. Cette tension n’est pas celle de la batterie, mais celle aux bornes de l’unité électronique.

Soyez attentif, même des professionnels se font avoir : au moindre mauvais contact, l’unité électronique va se mettre en sécurité, et il n’y a pas de temporisation. L’électricien amateur ou parfois professionnel, va appliquer les pointes de touche d’un voltmètre sur les bornes de l’unité électronique, pour vérifier la tension. C’est la bonne procédure. Mais la plupart des multimètres modernes sont à affichage digital, et il y a un temps de réponse pour l’affichage.

Dans le cas d’un contact défaillant, le compresseur va tenter de démarrer, l’unité électronique va se mettre en sécurité, et la LED clignoter sans que le voltmètre n’indique la moindre chute de tension. La mise en sécurité s’est produite en moins d’un dixième de seconde, et le multimètre n’a rien enregistré ! Sur certains multimètres à affichage analogique, l’aiguille est tellement bien amortie qu’on a le même problème …

Il y a une parade toute simple pour savoir la vérité : brancher à la place, ou en parallèle, une ampoule de 12 volts 100 watts. Comme c’est une bête résistance sans sécurité électronique, on pourra enfin lire la vraie chute de tension, sur n’importe quel type de multimètre.

  • Additif pour les vieux compresseurs BD2, BD2,5 et BD3, on peut brancher une led sur les mêmes bornes mais il y aura un seul code : celui de la tension trop basse avec allumage de la led en continu.
  • Additif pour le compresseur GD30FDC de ACC / Cubigel, on peut brancher une led 5 volts sur la prise RJ11 de programmation, la borne 3 étant le commun négatif et la borne 4 le + 5 volts 25 mA. Le schéma se trouve à la page 8 du manuel . Les cinq codes d’erreurs sont les même que Danfoss, avec un code supplémentaire de 7 flashs signifiant "erreur système". En utilisation 24 volts on est confronté au même problème de sécurité tension basse qu’avec le Danfoss, mais pour corriger il faut l’interface du fabricant et un ordinateur...

Passons maintenant aux questions courantes :

  • "Mon compresseur ne s’arrête plus, mais le réfrigérateur est aussi frais que d’habitude"
    • Dans le cas d’un refroidissement à air, le ventilateur fonctionne-t-il ?
    • S’il fonctionne et qu’il y a présence d’une mascotte autre qu’une tortue vivant à bord, le condenseur n’est il pas obstrué par un tapis de poils ou de plumes ?

Le geste du professionnel consiste à contrôler la température à la sortie du condenseur. Pour un refroidissement à air, celle-ci ne devrait pas être supérieure à 15°C au dessus de la température ambiante.

    • Dans le cas d’un refroidissement à eau, la pompe fonctionne-t-elle ?
    • Si oui, l’eau circule-t-elle ? (contrôle de la vanne, du filtre, de la pompe)

La température du réfrigérant à la sortie d’un condenseur refroidi à eau ne devrait pas dépasser de plus de un ou deux degrés celle de l’eau de refroidissement. Sinon, il y a encrassement du condenseur, ou sous-dimensionnement de celui-ci pour la température locale de l’eau.

Si le condenseur est réellement sous-dimensionné, il y a faute du fabricant. En effet, pourquoi payer aussi cher une installation refroidie par eau de mer, si le rendement est égal ou inférieur au même groupe refroidi à air, normalement moitié moins cher ?

  • "L’évaporateur est bizarre, il n’est givré qu’en partie …"

Réponse : manque manifeste de réfrigérant, probablement dû à une fuite de celui-ci. Voir du côté des raccords rapides. La moindre trace d’huile signifie une fuite de réfrigérant au même endroit. A moins que vous n’ayez aspergé le groupe avec de l’huile à titre préventif, espérant l’empêcher de rouiller … cela prive le frigoriste d’une piste facile à suivre !

  • "L’évaporateur est bien givré, mais la tubulure de retour au compresseur givre aussi …"
    • Trop de réfrigérant ! (quelques grammes suffisent...)
    • Conséquences : pression d’évaporation plus haute = température plus haute + consommation plus élevée !
  • "Rien ne se passe, le compresseur ne démarre pas"

Si l’unité électronique est bien alimentée, le circuit du thermostat est peut-être coupé. On peut essayer de shunter la borne "C" avec la borne "T" pour lever le doute.

  • L’intensité absorbée par le compresseur est plus importante que la normale :
    • Si personne n’a modifié la charge de réfrigérant du circuit (surcharge... ce qui est fréquent) il est probable que le compresseur est en fin de vie, ce qui est rare mais pas impossible.
    • On pourrait penser à un circuit bouché mais s’il y a une obstruction quelconque dans un circuit frigorifique fermé, comme par exemple un capillaire ou un détendeur bouché le symptôme est toujours le même : le compresseur n’ayant plus rien à compresser (pomper) son intensité n’augmente pas mais au contraire descend au minimum, soit moins de 2 à 3 A pour un petit Danfoss !
  • "En dégivrant l’évaporateur, ça a fait "pshhhhh" !

On range le couteau, on se flagelle et on sort son porte-monnaie !!!